Soutien à une enseignante injustement condamnée : le Snec-CFTC dénonce un traitement disproportionné


Vendredi 4 avril 2025, le tribunal correctionnel d’Angers a rendu son verdict, condamnant une enseignante de Maine-et-Loire à cinq mois de prison avec sursis pour « non-assistance à mineur de moins de 15 ans en danger ». Cette décision fait suite à un incident survenu en novembre 2023, lors d’un cours de natation, où deux élèves avaient manqué de se noyer. Le Snec-CFTC réaffirme son plein soutien à cette enseignante et dénonce les conditions inacceptables dans lesquelles elle a été interpellée.

Rappel des faits : une situation complexe

Le 16 novembre 2023, une enseignante remplaçante encadrait sa classe de CM pour un cours de natation. Après plusieurs largeurs, l’exercice demandé aux élèves dans une fiche de séance préparée depuis des années par des responsables de la piscine et des enseignants – récupérer un mannequin situé à 2,50 mètres de profondeur – s’est avéré trop exigeant pour certains d’entre eux. Deux enfants, épuisés par l’effort, ont commencé à se noyer en s’accrochant l’un à l’autre. C’est le maître-nageur présent sur place qui est intervenu rapidement pour les secourir.

Cette enseignante, âgée de 44 ans et en poste depuis seulement deux jours en remplacement d’une collègue en arrêt maladie, n’avait jamais encadré de cours de natation auparavant. Elle a reconnu son inexpérience dans ce domaine mais a nié les accusations de non-assistance à personne en danger portées contre elle.

Une interpellation jugée disproportionnée

Le Snec-CFTC exprime sa plus vive réprobation face aux conditions indignes dans lesquelles cette enseignante a été interpellée. Menottée à son domicile au petit matin, puis placée en garde à vue, elle a été traitée comme une délinquante, alors même qu’elle exerce une profession fondée sur la transmission du savoir et le service à la société. Une telle violence procédurale, injustifiée et hors de proportion, ne peut être tolérée dans un État qui se dit respectueux des droits fondamentaux.

Une inquiétude croissante pour les enseignants

Cette affaire soulève des questions fondamentales sur le respect dû aux enseignants dans l’exercice de leurs fonctions. Le Snec-CFTC s’interroge : serons-nous systématiquement poursuivis si un incident survient lors d’une sortie scolaire ou d’une activité sportive ? Devons-nous craindre des poursuites judiciaires même lorsque nous agissons avec les meilleures intentions et dans des circonstances imprévues ?

Les enseignants présents au tribunal pour soutenir leur collègue ont exprimé leur désarroi face au climat de défiance qui entoure leur profession. Ce contexte ne fait qu’aggraver la crise d’attractivité du métier d’enseignant, pourtant considéré autrefois comme « le plus beau métier du monde ».

Le verdict : une condamnation partielle

Le tribunal a condamné l’enseignante à cinq mois de prison avec sursis pour « non-assistance à mineur en danger », tout en la relaxant des accusations de mise en danger délibérée d’autrui. Contrairement aux réquisitions du parquet, aucune interdiction d’exercer sa profession n’a été prononcée. Cette décision marque un équilibre entre la gravité des faits et les circonstances atténuantes liées au manque d’expérience de l’enseignante.

Une mobilisation nécessaire

Le Snec-CFTC appelle à une solidarité renforcée envers les enseignants confrontés à des situations aussi complexes. Nous ne pouvons tolérer que des professionnels dévoués soient traités avec autant de mépris dans le cadre de leur mission éducative. Cette affaire doit servir de point de départ pour repenser les conditions dans lesquelles les activités scolaires sont organisées et encadrées.

Conclusion : défendre l’intégrité des professionnels de l’éducation

Le Snec-CFTC réitère son soutien total à cette enseignante injustement condamnée et demande que des mesures soient prises pour garantir le respect et la dignité des professionnels du secteur éducatif. Cette affaire met en lumière la nécessité urgente d’un dialogue entre les institutions éducatives et judiciaires afin d’assurer une meilleure protection des enseignants face aux imprévus inhérents à leur métier.

En tant que syndicat engagé, nous continuerons à défendre les droits des enseignants et leur intégrité face aux défis croissants auxquels ils sont confrontés.