Un nouveau cadre éducatif obligatoire
À partir de la rentrée scolaire 2025, l’éducation à la vie affective et relationnelle fait son entrée officielle dans les programmes scolaires. Cette nouveauté se décline en deux dispositifs selon les niveaux d’enseignement : l’EVAR (éducation à la vie affective et relationnelle) pour l’école maternelle et élémentaire, et l’EVARS (éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité) pour le collège et le lycée.
Le défi de la formation des enseignants
Un accompagnement insuffisant
La principale préoccupation concerne la préparation des équipes pédagogiques. De nombreux enseignants n’ont pas bénéficié d’une formation adaptée, pourtant indispensable pour aborder ces sujets sensibles avec professionnalisme et pédagogie. Dans la plupart des cas, les enseignants ont dû se contenter des fiches Eduscol mises à disposition par le ministère de l’Éducation nationale.
Si ces ressources constituent un support utile, elles ne sauraient remplacer une véritable formation permettant aux enseignants de développer les compétences nécessaires pour :
– Aborder les questions affectives et relationnelles avec délicatesse
– Adapter leur discours selon l’âge des élèves
– Gérer les questions sensibles ou les situations délicates
– Créer un climat de confiance propice aux échanges
La demande du Snec-CFTC : former avant d’agir
L’objectif n’est pas de retarder la mise en œuvre de ces enseignements obligatoires, mais de s’assurer que les conditions de leur réussite sont réunies. Les enseignants ont besoin d’outils concrets, d’échanges de pratiques et d’un accompagnement dans la durée pour mener à bien cette mission éducative essentielle.
Des résistances dans certains établissements du second degré
Un dispositif parfois incomplet
Au-delà de la question de la formation, le Snec-CFTC observe une autre difficulté : certains chefs d’établissement du second degré ont refusé de mettre en place le dispositif EVARS pour l’ensemble des niveaux concernés. Cette situation interpelle quant à la volonté effective de déployer cet enseignement pourtant rendu obligatoire par les textes officiels.
Un questionnement légitime
Le Snec-CFTC s’interroge sur les motivations de ces refus et sur les conséquences pour les élèves qui ne bénéficieraient pas de cet accompagnement. L’application uniforme d’un dispositif obligatoire devrait être garantie dans tous les établissements, afin d’assurer l’égalité des chances et l’accès de tous les jeunes à une éducation complète.
Vers une mise en œuvre réussie
La réussite de l’EVAR et de l’EVARS repose sur un triptyque : des textes clairs, des enseignants formés et une volonté partagée de tous les acteurs du système éducatif.
Le Snec-CFTC reste à l’écoute des enseignants pour les accompagner dans la mise en œuvre de ces nouveaux dispositifs.