Avancement des Maîtres Délégués : revirement du Rectorat, les évaluations deviennent obligatoires


Revirement de situation concernant l'avancement des Maîtres Délégués dans l'académie de Créteil : l'évaluation par un inspecteur devient obligatoire et retarde considérablement les possibilités d'avancement pour de très nombreux collègues.

Le passage du statut de Maîtres Auxiliaires (MA) à celui de Maîtres Délégués (MD), intervenu en septembre 2023, a profondément modifié les conditions de gestion de ces enseignants. Dans l’académie de Créteil, ils représentent aujourd’hui plus de 30 % des effectifs.

Ce changement s’est accompagné de nombreuses évolutions : nouvelle échelle de rémunération, nouvelles modalités de classement en début de carrière, évolution du traitement des périodes de vacances. Sur l’ensemble de ces points, le Snec-CFTC est intervenu à de multiples reprises afin d’obtenir des clarifications et des améliorations concrètes.

Toutefois, des zones d’incertitude importantes subsistaient, en particulier concernant l’avancement. Celui-ci, prévu tous les trois ans, n’est pas automatique et repose sur une évaluation préalable.

Or, les évaluations des Maîtres Délégués déjà en poste en septembre 2023 auraient dû être achevées en décembre 2025. Malgré un renforcement des moyens d’inspection, le volume de personnels concernés n’a pas permis de respecter les délais.

Depuis plusieurs mois, le Snec-CFTC alertait sur les conséquences de cette situation. Lors de nos échanges avec le rectorat, il nous avait été indiqué que les retards d’évaluation ne pénaliseraient pas les personnels concernés : les Maîtres Délégués arrivés à leur échéance de trois ans entre septembre 2024 et juin 2026 devaient pouvoir bénéficier d’un avancement avant la fin de cette année scolaire, même en l’absence d’évaluation par un inspecteur, l’évaluation par le chef d’établissement suffirait. C’est ce que nous avions annoncé dans notre article précédent.

Nous apprenons aujourd’hui que cette position n’est plus celle retenue par l’administration.

Selon les informations qui nous ont été communiquées, cette décision résulterait d’une consigne ministérielle imposant qu’aucun avancement ne puisse être accordé sans évaluation préalable. Le Rectorat se retrouve ainsi dans une situation particulièrement contrainte et ne dispose plus de la marge de manœuvre qui nous avait été présentée jusqu’à présent.

Les conséquences pour les personnels sont particulièrement préoccupantes.

À ce jour, seuls environ 20 % des Maîtres Délégués ont pu bénéficier de l’évaluation nécessaire à leur avancement. Autrement dit, près de 80% demeurent dans l’attente. Dans ces conditions, de nombreux collègues verront leur progression de carrière bloquée en raison de l’impossibilité matérielle pour l’administration de réaliser les évaluations dans des délais raisonnables.

Plus inquiétant encore, au rythme actuel des évaluations, certains Maîtres Délégués pourraient devoir patienter plusieurs années supplémentaires avant de pouvoir accéder à l’avancement auquel leur ancienneté leur permettrait pourtant de prétendre.

Le Snec-CFTC considère cette situation comme profondément injuste. Il n’est pas acceptable que des enseignants voient leur rémunération durablement pénalisées faute d’avoir pu être évalués dans les délais prévus.

Nous prenons acte du fait que cette décision ne semble pas relever du rectorat mais d’une orientation ministérielle. En conséquence, notre action va désormais se porter vers le ministère afin d’obtenir une solution permettant de garantir les droits des Maîtres Délégués et de mettre fin à cette inégalité de traitement.

Nous continuerons parallèlement à suivre avec vigilance la situation dans l’académie et à intervenir chaque fois que nécessaire pour défendre les dossiers individuels et collectifs des personnels concernés.

Les Maîtres Délégués jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de nos établissements. Dans un contexte de crise du recrutement, ils constituent un vivier indispensable pour l’avenir du métier. La reconnaissance de leur engagement et la sécurisation de leur parcours professionnel doivent être une priorité, non une variable d’ajustement administrative.

Le Snec-CFTC poursuivra son action avec détermination afin que les Maîtres Délégués ne soient pas les victimes d’un dispositif inadapté à la réalité du terrain.

Vos élus en CCMA/CCMI et toute l’équipe Snec-CFTC Créteil