Enseignant, un métier à bout de souffle : des mesures immédiates sont indispensables
Lors d’une rencontre avec le ministre de l’Éducation, le Snec-CFTC a alerté sur la dégradation des conditions de travail : surcharge, manque de moyens et pression permanente.
Un constat sans appel : la souffrance au travail s’installe !
Sur le terrain, les enseignants et salariés font face à une accumulation de contraintes qui mettent en danger leur santé et la qualité du service d’éducation :
- programmes en constante évolution ;
- explosion du temps de travail réel (108 heures dans le 1er degré largement dépassées) ;
- surcharge administrative, évaluations nationales imposées et multiplication des tâches numériques ;
- inflation des réunions (PPS, PAI, équipes éducatives…) sans moyens supplémentaires ;
- effectifs trop élevés et hétérogénéité de plus en plus difficile à gérer ;
- augmentation continue du nombre d’élèves à besoins particuliers sans accompagnement suffisant ;
- pression hiérarchique accrue et pression constante des familles ;
- absence d’une véritable médecine du travail alors que les souffrances physiques et psychologiques augmentent.
Pour le Snec-CFTC, des mesures immédiates sont nécessaires pour protéger les personnels et les élèves. Face à l’urgence, des décisions concrètes doivent être prises :
Réduire la pression quotidienne qui pèse sur les enseignants
- baisse significative du nombre d’élèves par classe, rendue possible par la baisse démographique ;
- allègement du temps devant élèves pour permettre concertation, suivi individualisé et travail avec les partenaires.
Donner enfin les moyens humains et matériels nécessaires
- recrutements et formation de personnels pour accompagner les élèves à besoins particuliers ;
- création de brigades AESH de remplacement efficaces ;
- investissements pour adapter les locaux et le matériel pédagogique.
Reconnaître le temps de travail réel des enseignants
En 1er degré :
- audit complet des 108 heures et des nouvelles missions imposées ;
- remise à plat des 36 heures d’APC ;
En 2nd degré :
- revaloriser l’ISO part fixe et part modulable
Protéger la santé des enseignants
- mise en place immédiate d’une médecine du travail digne de ce nom.
- ouverture d’un groupe de travail national sur la qualité de vie au travail.
- autorisation effective du temps partiel à 80 % et du temps partiel annualisé dans toutes les académies.
Sans oublier les territoires ultramarins
- traitement urgent de la question de la prime de vie chère pour les maîtres en congé maladie
- suppression de la journée de carence dans les territoires dépourvus de plateaux techniques afin de limiter les inégalités d’accès aux soins
Pour le Snec-CFTC, sans réponses rapides, la crise du métier va s’aggraver
Les enseignants ne demandent pas des privilèges, mais les moyens de faire leur métier correctement, dans le respect de leur santé et au service de la réussite de tous les élèves.
Faute de mesures concrètes, la dégradation des conditions de travail et la crise d’attractivité du métier continueront de s’aggraver.